Visiter Porto Vecchio en 3 jours, quel est le meilleur programme?
Porto
Vecchio est une ville qui pratique l'art de la séduction avec une aisance
déconcertante. Perchée sur sa colline génoise au fond d'un golfe d'une beauté
saisissante, entourée de forêts de chênes-lièges et de maquis odorant, elle
ouvre sur un littoral dont les plages comptent parmi les plus belles de toute
la Méditerranée. Capitale estivale incontestée de la Corse du Sud, elle attire
depuis des décennies une clientèle internationale habituée à l'excellence, qui
revient d'année en année avec la fidélité de ceux qui ont trouvé quelque chose
d'irremplaçable. Trois jours dans cette ville et ses environs immédiats ne
suffisent pas à en faire le tour complet, mais permettent d'en saisir
l'essentiel, la haute ville et son atmosphère génoise, les plages légendaires,
les excursions maritimes, la gastronomie et cet art de vivre particulier qui
fait de Porto Vecchio une destination à part dans la géographie des vacances
corses d'exception.
1er jour, la haute ville génoise, le port et la découverte du golfe
Le premier
jour à Porto Vecchio commence inévitablement par la haute ville. Cette
citadelle génoise du XVIe siècle, juchée sur son promontoire qui domine le
golfe avec l'autorité tranquille d'une forteresse qui n'a plus rien à prouver,
est le cœur historique et identitaire de la ville. On y accède depuis le bas
par plusieurs ruelles pavées qui grimpent en serpentant entre des façades ocre
et blanches dont les volets en bois peint dans des verts et des bleus délavés
par les étés successifs composent une palette chromatique d'une douceur
provençale teintée d'italianité.
La Porte Génoise, imposante entrée fortifiée qui marque le début du quartier ancien, introduit un dédale de ruelles étroites où se mêlent boutiques d'artisanat local, épiceries fines et restaurants dont les terrasses débordent sur les placettes ombragées. L'atmosphère y est celle d'une ville qui a su préserver son caractère tout en accueillant avec grâce le tourisme qui l'irrigue chaque été. Les fromages de brebis exposés dans les vitrines des fromageries, les jambons et les figatelli pendus aux crochets des charcuteries artisanales, les bouteilles de vin des domaines de l'Alta Rocca alignées dans les caves à vins, tout invite à s'arrêter, à sentir, à goûter.
La place de
la République, cœur de la haute ville, est l'endroit idéal pour une pause de
milieu de matinée. Les terrasses des cafés qui la bordent proposent leurs
expressos et leurs jus de fruits de saison dans une atmosphère de dolce vita
corse qui se savoure lentement, en regardant la ville s'éveiller autour de soi.
Le marché de l'été, qui s'y tient plusieurs matins par semaine, rassemble les
producteurs locaux dans une convivialité de bon aloi.
L'après-midi
est consacrée au port et au golfe. Les pontons de Porto Vecchio, animés d'une
activité nautique continue depuis l'aube jusqu'au soir, sont une invitation
permanente à prendre la mer. Une promenade en bateau d'une à deux heures autour
du golfe permet d'apprécier la cité depuis l'eau, de comprendre pourquoi les
Génois choisirent ce site pour y établir l'une de leurs comptoirs
méditerranéens les plus stratégiques et de voir les premières criques du
littoral immédiat, celles que la route aperçoit depuis la hauteur sans jamais
vraiment permettre d'y accéder.
Le soir, le choix du restaurant est une décision sérieuse à Porto Vecchio. La ville compte plusieurs tables d'un niveau gastronomique qui dépasse largement ce que le tourisme balnéaire moyen produit ordinairement, des cuisines qui travaillent les produits corses avec une inventivité contemporaine sans jamais trahir leur identité insulaire. La langouste de Méditerranée, les tellines du golfe sautées à l'huile et au persil, le veau de l'Alta Rocca rôti aux herbes du maquis, autant de plats qui résument en quelques bouchées la générosité d'une terre et d'une mer accordées depuis toujours.
Deuxième jour, Palombaggia, Santa Giulia et les plages légendaires du grand Sud
Le deuxième
jour appartient aux plages, et il n'y a ni honte ni platitude à l'admettre. Porto
Vecchio est entourée d'un littoral balnéaire d'une qualité si exceptionnelle
que négliger ses plages au profit d'activités culturelles serait une erreur de
jugement que les voyageurs qui les ont vécues ne commettraient jamais.
Le départ
doit être matinal, idéalement avant huit heures trente. Palombaggia, à une
vingtaine de minutes au sud de la ville par la route des plages, est
l'incontournable première étape. Ce croissant de sable rose pâle encadré de
rochers de granite rouge orangé et de pins maritimes tordus par le vent est
l'une des plages les plus photographiées de la Méditerranée, et la réalité
surpasse toujours les clichés les plus soignés. L'eau, transparente sur
plusieurs mètres puis progressivement turquoise puis bleue cobalt à mesure que
le fond s'approfondit, est d'une clarté qui donne l'envie immédiate de plonger.
Commencer par Palombaggia, pourquoi cette plage mythique de Porto Vecchio s'impose toujours en premier
Il y a une logique presque évidente à commencer son séjour balnéaire autour de Porto Vecchio par Palombaggia. Non pas parce que c'est la plus connue, ni parce que les guides touristiques la placent systématiquement en tête de leurs classements, mais parce qu'elle possède cette qualité rare des grands sites naturels, celle d'établir immédiatement un étalon de beauté qui donne la mesure de tout ce qui suit. Après Palombaggia, on regarde les autres plages différemment. Non pas avec déception, mais avec la conscience aiguisée de ce que le littoral de la Corse du Sud est capable d'offrir à son meilleur niveau.
La route qui y mène depuis Porto Vecchio, une vingtaine de minutes de virages dans le maquis odorant, prépare discrètement le voyageur à ce qui l'attend. Les pins maritimes se font progressivement plus denses, leur odeur résineuse et chaude entre par les fenêtres ouvertes, et les premiers aperçus de la mer entre les troncs rougeâtres annoncent l'imminence d'un rivage d'exception. Le parking, à quelques centaines de mètres de la plage, impose une marche finale à pied à travers la pinède qui joue le rôle d'un sas de décompression, le bruit de la route s'efface, les bruits de la mer prennent sa place, et l'on arrive sur le sable dans un état de disponibilité sensorielle qui amplifie le choc de la première vision.
Ce choc, tous ceux qui ont vécu Palombaggia pour la première fois peuvent le décrire avec une précision étonnante des années plus tard, le granite rouge orangé des rochers qui débordent sur la plage comme des éléphants endormis, le sable d'une blancheur légèrement rosée d'une finesse impondérable sous les pieds, l'eau qui change de couleur toutes les deux enjambées depuis le bord jusqu'au large. Transparent au bord, vert d'eau à un mètre, turquoise lumineux à deux mètres, bleu profond au-delà, cette progression chromatique visible à l'œil nu est l'une des signatures visuelles les plus distinctives de Palombaggia, celle que les photographies tentent de capturer sans jamais tout à fait y parvenir.
L'intelligence de commencer par Palombaggia tôt le matin tient à une arithmétique simple, la plage se remplit entre dix heures et onze heures, et les meilleures places sous les pins disparaissent rapidement. Arriver à huit heures, c'est s'accorder deux heures de plage presque déserte, deux heures pendant lesquelles la beauté du lieu se livre sans partage, pendant lesquelles la lumière rasante du matin traite les rochers avec une douceur qui les rend encore plus beaux qu'en plein soleil. Puis, quand les premiers groupes commencent à affluer, on a déjà vécu l'essentiel. On peut s'attarder encore ou reprendre la route vers la plage suivante avec la satisfaction tranquille de ceux qui savent qu'ils ont vu les choses dans le bon ordre.
Aller à Santa Giulia, le lagon turquoise de Porto Vecchio, douceur absolue et beauté laiteuse
Après l'intensité visuelle de Palombaggia, Santa Giulia produit un effet différent mais d'une égale puissance. Là où Palombaggia fascine par ses contrastes dramatiques entre le granite rouge et l'eau bleue, Santa Giulia séduit par une douceur homogène et lumineuse qui ressemble à une respiration longue après une émotion forte. Ces deux plages sont complémentaires comme le sont deux mouvements d'une même symphonie, on a besoin de l'une pour comprendre pleinement l'autre.
Le premier regard sur Santa Giulia depuis le point de vue qui domine la baie en arrivant par la route est un moment de pure stupeur. La lagune s'étale en contrebas dans un turquoise d'une saturation et d'une luminosité qui semblent défier les lois de l'optique naturelle. Cette couleur extraordinaire est le résultat d'une alchimie géographique précise, un fond de sable blanc immaculé, une profondeur d'eau qui n'excède pas un à deux mètres sur la majeure partie de la lagune, et une exposition au soleil qui transforme toute cette surface peu profonde en un miroir lumineux visible depuis plusieurs centaines de mètres de hauteur. Nulle retouche photographique ne serait nécessaire pour rendre ces images spectaculaires, Santa Giulia travaille elle-même sa propre mise en scène avec un professionnalisme que la nature réserve à ses plus belles créations.
L'accès à la plage depuis le parking conduit sur une langue de sable fin qui sépare la lagune de la mer ouverte. Marcher sur ce cordon naturel, avec l'eau turquoise d'un côté et le bleu plus profond de l'autre, est une expérience de géographie intime qui donne à sentir physiquement comment ce site a été modelé par les siècles et les courants. Le sable y est d'une finesse qui s'insinue entre les orteils avec une persistance agréable, légèrement plus chaud que l'eau de la lagune qui le borde et dont la douceur de température est la première chose que les baigneurs remarquent en y entrant.
Santa Giulia est la plage de Porto Vecchio la mieux adaptée aux familles avec de jeunes enfants, aux nageurs peu aguerris et à tous ceux qui recherchent dans la mer une douceur et une sécurité que les plages plus exposées ne garantissent pas. L'absence de houle à l'intérieur de la lagune, la faible profondeur et le fond sableux sans rochers ni herbiers épineux créent un environnement aquatique d'une bienveillance rare. Les après-midis à Santa Giulia s'étirent naturellement jusqu'en fin de journée, quand la lumière déclinante teinte la lagune d'une couleur dorée et que les derniers paddle boarders rentrent vers le rivage dans un silence que seul le clapotis de leurs pagaies trouble. C'est à cette heure-là, quand la fréquentation diminue et que Santa Giulia retrouve une quiétude presque mélancolique, que la plage révèle peut-être son visage le plus attachant.
Le retour vers Porto Vecchio en fin
d'après-midi peut inclure une halte à la plage de Tamaricciu, moins connue mais
d'une qualité égale. Ce site confidentiel, accessible après une courte marche
dans la végétation, offre une solitude relative et un cadre naturel préservé
qui constitue une conclusion parfaite à une journée balnéaire de premier ordre.
Le dîner du
deuxième soir peut être l'occasion de tester l'une des tables en hauteur de la
haute ville, depuis la terrasse de laquelle le golfe s'étale dans la nuit avec
ses lumières reflétées sur l'eau calme dans un tableau nocturne d'une grande
douceur.
3e jour, excursion maritime vers les îles Cerbicale et Rondinara
Le troisième
jour est celui de la mer au sens plein du terme, celui d'une journée entière
passée à naviguer depuis les pontons de Porto Vecchio vers les sites les plus
précieux du littoral environnant. Une journée en mer dans le grand Sud corse
est l'une de ces expériences qui se rangent dans la catégorie des souvenirs
définitifs, ceux que vingt ans de distance ne parviennent pas à ternir.
Les îles
Cerbicale, cet archipel de cinq îlots granitiques protégés par une réserve
naturelle qui interdit la pêche et encadre strictement la navigation,
constituent la destination maritime emblématique au départ de Porto Vecchio. La
traversée depuis le port dure environ quarante-cinq minutes sur une vedette
rapide ou une heure et demie sur un catamaran plus contemplatif. Dès les
premières approches de l'archipel, la qualité de l'eau change visiblement, elle
devient plus transparente, plus bleue, d'une clarté qui révèle les fonds à dix
ou quinze mètres de profondeur avec une netteté presque irréelle.
La faune
aviaire des Cerbicale est l'une des plus remarquables du littoral corse. Les
balbuzards pêcheurs qui nichent sur les îlots sont des présences constantes
au-dessus des bateaux autorisés, planant à haute altitude avant de piquer avec
une précision dévastatrice sur les bancs de poissons que leurs yeux perçants
détectent depuis leurs hauteurs. Les goélands leucophées et les cormorans
huppés colonisent les moindres saillies rocheuses avec une familiarité de
propriétaires légitimes.
Les arrêts
baignade et snorkeling dans les zones autorisées autour des Cerbicale sont une
révélation pour qui n'a jamais plongé dans des eaux aussi protégées. La densité
de la vie marine, conséquence directe de décennies de protection rigoureuse,
est stupéfiante, mérous de grande taille qui circulent sans crainte, bancs de
sars et de mulets argentés, posidonies en parfait état de conservation qui
ondoient au rythme des courants légers.
L'escale déjeuner au mouillage, avec les îlots en arrière-plan et le soleil de juillet au zénith, est l'un des moments les plus mémorables de ce troisième jour. Le retour par Rondinara, cette plage en forme de coquillage parfait dont les eaux peu profondes d'un turquoise absolu sont parmi les plus belles de toute la Corse du Sud, ajoute une halte balnéaire d'exception en fin d'après-midi avant le retour au port de Porto Vecchio.
La gastronomie de Porto Vecchio, un art de table à la hauteur des paysages
Il serait
réducteur de présenter Porto Vecchio uniquement comme une destination de plages
et d'excursions maritimes. La ville est aussi l'un des centres gastronomiques
les plus dynamiques de la Corse du Sud, un territoire où la cuisine a appris à
conjuguer l'identité insulaire la plus authentique avec des techniques et une
sensibilité contemporaines qui ont élevé plusieurs tables locales au rang des
meilleures de l'île.
La
particularité de la gastronomie de Porto Vecchio tient à sa double appartenance,
ville de mer et porte de l'Alta Rocca, elle bénéficie simultanément des
ressources marines du golfe et de la production de l'arrière-pays montagnard.
Les tellines, ces petits coquillages plats que les pêcheurs récoltent à marée
basse dans le golfe, sont la spécialité marine locale par excellence. Sautées à
l'huile d'olive et à l'ail, déglaçées d'un filet de vin blanc de Figari, elles
constituent une entrée d'une simplicité et d'une justesse gustative qui résume
en quelques bouchées le rapport intime que Porto Vecchio entretient avec sa
mer.
Le cochon corse, élevé en liberté dans les maquis de l'Alta Rocca sur un régime de glands et de châtaignes, fournit les charcuteries dont les restaurants de la haute ville font une fierté légitime. Le lonzu, la coppa, le figatelli grillé sur des braises de chêne-liège, ces produits, dégustés sur une terrasse avec un verre de nielluccio du domaine voisin, constituent un accord mets-vins d'une authenticité corse irréductible que nul repas continental ne peut tout à fait reproduire.
Les
pâtisseries locales méritent leur propre moment de dégustation. Le fiadone, ce
gâteau au brocciu et au citron d'une densité et d'un parfum qui n'appartiennent
qu'à la Corse, s'accompagne idéalement d'un muscat du cap Corse en fin de
repas. Les canistrelli parfumés à l'anis, au citron ou aux noix constituent des
souvenirs comestibles que les épiceries fines de la haute ville proposent en
coffrets que l'on rapporte au continent avec la satisfaction de transporter un
peu de l'île dans ses bagages.
Hôtels et hébergements d'exception, où dormir à Porto Vecchio
Porto
Vecchio est une ville qui a développé une offre hôtelière à la mesure de sa
réputation balnéaire et de la clientèle exigeante qu'elle attire chaque été.
Des résidences de luxe perchées dans les hauteurs dominant le golfe aux hôtels
de charme intimistes nichés dans la haute ville, la gamme des possibles est
suffisamment large pour satisfaire des attentes variées sans jamais descendre
en dessous d'un certain seuil de qualité qui semble faire partie du cahier des
charges implicite de la destination.
Les
établissements haut de gamme qui ponctuent le littoral entre Porto Vecchio et
Palombaggia sont particulièrement recherchés pour leur position entre mer et
maquis, leurs piscines à débordement qui semblent se fondre dans le bleu du
golfe et leurs services de conciergerie maritime qui organisent pour leurs
clients les excursions, les réservations de tables et les transferts vers les
plages avec une efficacité discrète.
Pour ceux
qui préfèrent l'immersion urbaine à l'isolement balnéaire, les maisons d'hôtes
et les petits hôtels de caractère de la haute ville offrent une expérience
différente et complémentaire, le réveil au son des cloches de l'église génoise,
le petit-déjeuner servi dans un patio fleuri, la possibilité de rejoindre à
pied les restaurants et les boutiques de la vieille ville dans la fraîcheur des
matinées corses. Ce choix d'hébergement central permet aussi de réduire les
déplacements en voiture et de vivre Porto Vecchio avec la spontanéité du
flâneur plutôt qu'avec la logistique du vacancier organisé.
La
réservation anticipée est absolument indispensable pour les hébergements de luxe à Porto Vecchio en juillet et août. Les meilleures adresses affichent
complet plusieurs mois à l'avance, et les voyageurs qui attendent la dernière
minute se retrouvent souvent contraints d'accepter des solutions bien en deçà
de ce que la ville peut offrir dans ses meilleurs établissements.
Porto Vecchio, trois jours pour une vie de souvenirs
Repartir de Porto
Vecchio après trois jours avec le sentiment d'avoir épuisé ses ressources
serait une illusion confortable que la réalité démentirait au premier retour.
Cette ville sait créer une addiction douce et persistante, cet appel du large
qui se manifeste dès l'hiver suivant sous forme de nostalgie de l'eau turquoise
et de l'odeur du maquis chaud. Elle distribue ses plaisirs avec une générosité
qui n'est jamais calculée, dans un cadre naturel dont la beauté n'a pas besoin
de se forcer pour impressionner.































