lundi 9 février 2026

Visiter les plus belles plages de Corse du Sud en catamaran, où aller et que voir ?

Les plus belles promenades en catamaran pour contempler les féériques plages de Corse du Sud

Il existe une façon de découvrir la Corse du Sud qui change tout, une façon qui met l'accent non sur la vitesse, mais sur la contemplation, non sur la destination, mais sur le voyage lui-même. Cette façon, c'est le catamaran. À bord de ce voilier à double coque, stable et silencieux, on glisse sur les eaux turquoise du littoral méridional de l'île avec une grâce qui semble appartenir à un autre temps. Les plages les plus belles, celles que les routes ne peuvent atteindre, celles qui se cachent derrière des falaises ou au creux d'anses protégées, se révèlent comme des secrets murmurés par la mer. De Bonifacio aux îles Lavezzi, de Rondinara aux criques du sud-est, la Corse du Sud offre un littoral d'une beauté qui défie les mots. Dans ces pages, nous vous guidons à travers les escales les plus remarquables d'une croisière en catamaran dans ces eaux légendaires.

Les îles Lavezzi, un archipel entre ciel et granit

Au large de Bonifacio, à moins d'une heure de navigation en catamaran, un archipel surgit de la mer comme un rêve de granite et de sable blanc. Les îles Lavezzi forment un ensemble de petits îlots rocheux, protégés depuis des décennies comme réserve naturelle, où la nature a conservé une pureté qui semble impossible ailleurs. C'est l'une des premières escales incontournables pour quiconque navigue en Corse du Sud, un lieu qui résume à lui seul la beauté sauvage du littoral méridional de l'île. Le catamaran approche doucement, moteur coupé, voiles gonflées par le vent du large. Les rochers de granite émergent de l'eau dans des formes arrondies, sculptées par le vent et par les siècles, et entre eux, des plages de sable blanc s'intercalent comme des rubans de lumière. L'eau est d'une transparence qui laisse voir le fond à plusieurs mètres de profondeur, on aperçoit les pierres couvertes d'algues vertes, les bancs de poissons qui naviguent en groupe, et parfois une raie qui glisse silencieusement sous la coque. 

Le mouillage se fait dans une anse protégée, à quelques mètres du rivage. On descend l'échelle, on se laisse glisser dans l'eau tiède, et on nage jusqu'à la plage. Le sable est fin, presque poudreux, et la mer bat contre les rochers avec un murmure doux qui n'a rien à voir avec le fracas des grandes plages. Ici, dans cet archipel préservé, le silence est total. Les visiteurs sont rares, la réserve naturelle limite le nombre de bateaux autorisés à mouiller, et cette rareté se sent dans l'atmosphère même du lieu. À terre, les sentiers balisés permettent de parcourir les îlots à pied. On monte entre les rochers, on longe des anses cachées où l'eau prend des teintes de vert émeraude, et on aboutit parfois à des points de vue d'où le regard s'étend sur toute la réserve, les îlots qui se succèdent, la mer qui brille dans toutes les nuances du bleu, et au loin, les côtes de la Sardaigne qui se devinent à peine dans la brume de chaleur. Les oiseaux marins, goélands, cormorans, nichent dans les rochers, et leur cri résonne dans l'air comme un rappel que ce lieu appartient d'abord à eux. 

Pour ceux qui aiment le snorkeling, les eaux des Lavezzi offrent un spectacle sous-marin d'une richesse remarquable. Les fonds rocheux sont recouverts de posidonie, ces herbes marines qui témoignent de la bonne santé du milieu, et les poissons, rascasses, serrans, dorades, peuplent les crevasses avec une densité qui surprend à la première immersion. Le catamaran reste au mouillage pendant plusieurs heures, suffisamment pour explorer, nager, se reposer au soleil sur le pont, et laisser le temps s'étirer dans cette atmosphère qui semble suspendue hors du monde.

Bonifacio vue depuis la mer, les falaises qui défient l'horizon

Bonifacio est sans doute la ville la plus spectaculaire de la Corse du Sud, peut-être même de toute la Méditerranée. Perchée au sommet de falaises de calcaire blanc qui tombent verticalement dans la mer, elle domine le détroit qui sépare la Corse de la Sardaigne avec une présence qui impressionne depuis toujours. Mais c'est depuis la mer, à bord d'un catamaran qui longe lentement le pied des falaises, que Bonifacio révèle sa vraie stature. 

Le catamaran quitte les Lavezzi et met le cap vers l'ouest, suivant la côte méridionale de l'île. À mesure que l'on approche de Bonifacio, les falaises commencent à se dessiner à l'horizon, des parois blanches, hautes de plus de soixante mètres par endroits, qui brillent dans le soleil avec une intensité presque aveuglante. Le capitaine connaît ces eaux, il sait exactement où naviguer pour offrir aux passagers le meilleur angle de vue, comment positionner le bateau pour que les falaises se révèlent dans toute leur verticalité. Les maisons de la vieille ville, construites au bord même de la falaise, semblent suspendues dans le vide. Leurs façades ocre et blanches se détachent sur le ciel bleu, et depuis la mer, on comprend pourquoi Bonifacio a toujours été une citadelle imprenable, attaquer une ville perchée à une telle hauteur, avec la mer pour seule route d'approche, était une entreprise vouée à l'échec. 

Les fortifications génoises, construites au Moyen Âge et renforcées au fil des siècles, renforcent cette impression de puissance et de permanence. Le catamaran continue sa route et pénètre dans la bouche de Bonifacio, ce goulet étroit qui s'enfonce dans les terres comme une entaille naturelle. Les falaises se resserrent de part et d'autre, créant un passage d'une beauté saisissante, à gauche, les parois verticales de calcaire ; à droite, les rochers recouverts de végétation basse ; et au fond, le port intérieur où les bateaux sont amarrés dans une eau calme et protégée. Ce passage, utilisé depuis l'Antiquité par les navigateurs qui cherchaient un abri sûr, reste l'un des sites maritimes les plus impressionnants de la Corse du Sud. Au-delà de la bouche, le littoral se poursuit vers l'ouest avec une succession de grottes marines, creusées par l'érosion dans le calcaire tendre, qui ouvrent des fenêtres sombres dans la falaise. 

Le capitaine peut, si les conditions le permettent, approcher le catamaran de certaines de ces grottes pour que les passagers puissent les observer de près. La plus célèbre est la grotte du Sdragonato, une caverne dont le plafond s'est effondré il y a des siècles, créant une ouverture naturelle qui laisse passer la lumière du soleil. L'eau, dans ces grottes, prend une couleur d'un bleu profond, presque noir, qui contraste avec le blanc des falaises.

Rondinara et Palombaggia, les joyaux du littoral oriental

En remontant vers le nord depuis Bonifacio, le catamaran longe le littoral oriental de la Corse du Sud, une côte qui alterne falaises rocheuses et plages de sable blanc, anses cachées et promontoires couverts de maquis. Parmi les plages les plus célèbres de cette région, deux noms reviennent comme des évidences, Rondinara et Palombaggia. 

Vues depuis la terre, elles sont déjà magnifiques. Vues depuis la mer, à bord d'un catamaran qui approche lentement dans la lumière du matin, elles deviennent des visions qui s'ancrent dans la mémoire pour toujours. Rondinara apparaît d'abord comme une courbe parfaite, un arc de sable blanc qui dessine un demi-cercle entre deux promontoires rocheux. Cette géométrie naturelle, presque trop belle pour être vraie, fait de Rondinara l'une des baies les plus photographiées de la Corse du Sud. Mais aucune photographie ne peut rendre la sensation que l'on éprouve en approchant de cette plage depuis le large, le bleu de l'eau qui change progressivement de teinte à mesure que le fond remonte, le sable blanc qui brille sous la surface comme un trésor caché, et les pins parasols qui bordent la plage, apportant une touche de vert dans ce tableau dominé par le bleu et le blanc. Le mouillage se fait à quelques dizaines de mètres du rivage, dans une eau si claire qu'on aperçoit l'ancre se poser sur le fond sableux. On descend du catamaran, on nage jusqu'à la plage, et on pose le pied sur ce sable doux qui semble avoir été lavé par des siècles de marées. La baie est protégée du vent par les promontoires, et l'eau y est toujours calme, tiède, parfaite pour la baignade. 


Les enfants jouent au bord, les parents se reposent à l'ombre des pins, et le catamaran, au mouillage, se balance doucement dans la brise matinale. Plus au nord, Palombaggia offre un spectacle différent mais tout aussi saisissant. Cette plage, longue de plus d'un kilomètre, s'étire entre des rochers de granite rouge qui émergent du sable comme des sculptures naturelles. L'eau y est d'un turquoise éclatant, et le contraste entre le rouge des rochers, le blanc du sable et le bleu de la mer crée une palette de couleurs qui semble sortie d'un rêve. Le catamaran peut mouiller dans l'une des anses qui ponctuent la plage et depuis le pont, on observe ce paysage qui résume à lui seul toute la beauté du littoral de la Corse du Sud. Ces deux plages, accessibles par la route depuis Porto-Vecchio, sont souvent fréquentées en été. 

Mais depuis la mer, à bord d'un catamaran, on échappe aux foules. On arrive tôt le matin ou en fin d'après-midi, quand la lumière est plus douce et quand les plages retrouvent une tranquillité qui leur permet de montrer leur vrai visage. C'est l'un des privilèges de la navigation en catamaran, pouvoir choisir ses horaires, éviter les heures de pointe, et profiter des lieux dans une intimité qui ne serait pas possible autrement.

Les criques secrètes, là où la mer garde ses plus beaux secrets

Au-delà des grandes plages connues, le littoral de la Corse du Sud cache une multitude de petites criques, des anses minuscules, accessibles uniquement par la mer, où le sable se mêle aux rochers et où l'eau prend des teintes qui changent selon la position du soleil. Ces criques sont les véritables trésors d'une croisière en catamaran, elles ne figurent sur aucune carte touristique, elles ne portent parfois aucun nom, et seuls les capitaines locaux connaissent leur emplacement exact. Le catamaran quitte les grandes plages et longe le littoral en zigzag, s'approchant des côtes pour explorer les recoins cachés. Le capitaine scrute l'horizon, cherche les indices, une échancrure dans la falaise, un changement dans la couleur de l'eau, une zone de sable blanc qui brille sous la surface, et soudain, il met le cap vers une crique qui semble ne pas exister jusqu'à ce qu'on soit tout près. Le mouillage se fait dans une eau qui n'a parfois pas plus de trois mètres de profondeur, et la transparence est telle qu'on pourrait croire que le catamaran flotte dans l'air. Ces criques ont toutes leur caractère propre. Certaines sont bordées de falaises rouges qui tombent verticalement dans la mer, créant des parois qui réfléchissent la lumière avec une intensité troublante. 

D'autres s'ouvrent sur des plages de galets blancs, polis par les vagues, où le seul bruit est celui de l'eau qui roule les pierres à chaque mouvement de la mer. D'autres encore se cachent au fond de petites baies, protégées par des rochers qui forment une sorte de porte naturelle, et dans ces baies, l'eau est si calme qu'elle ressemble à un lac. Pour les passagers du catamaran, ces criques sont des moments de pure découverte. On descend à l'eau, on explore, on nage entre les rochers, on cherche des coquillages sur le fond sableux. Le snorkel révèle des univers sous-marins d'une richesse insoupçonnée, des poissons de toutes tailles, des étoiles de mer accrochées aux pierres, des poulpes qui se cachent dans les crevasses. Le temps s'écoule sans qu'on s'en aperçoive, une heure, deux heures, et quand vient le moment de remonter à bord, on a l'impression de quitter un endroit qui n'appartient à personne, un lieu qui existera encore longtemps après notre passage. Ces criques sont l'un des arguments les plus forts en faveur de la navigation en catamaran. 

Elles ne sont pas accessibles depuis la terre, et les bateaux à moteur rapides ne s'y arrêtent généralement pas, trop petites, trop isolées, trop difficiles d'accès. Mais pour un catamaran qui navigue lentement, qui peut mouiller dans des eaux peu profondes et qui dispose de tout le temps nécessaire, ces criques sont des étapes naturelles. Elles transforment une simple croisière en une exploration véritable, en une quête de lieux qui ne se donnent qu'à ceux qui savent les chercher.

La navigation en catamaran, une expérience à vivre pleinement

Naviguer en catamaran en Corse du Sud n'est pas seulement une façon de se déplacer d'une plage à l'autre. C'est une expérience en soi, une façon de vivre la mer, de sentir le vent, d'observer les paysages depuis un point de vue qui change tout. Le catamaran, avec sa double coque qui lui donne une stabilité remarquable, glisse sur l'eau avec une douceur qui surprend les passagers de première fois. Pas de tangage, pas de roulis violent, juste un mouvement régulier, presque hypnotique, qui accompagne la journée entière. À bord, l'espace est généreux. Le pont avant offre des filets tendus entre les deux coques, où l'on peut s'allonger au soleil avec la sensation de flotter directement au-dessus de l'eau. 

Le cockpit arrière, protégé par un bimini qui fait de l'ombre, abrite une table où l'on peut prendre les repas en regardant le paysage défiler lentement. Les cabines, en dessous du pont, sont confortables et fraîches, parfaites pour une sieste en milieu de journée quand le soleil tape fort. Le rythme d'une journée en catamaran suit les caprices du vent et de la lumière. Le départ se fait le matin, souvent depuis Bonifacio ou Porto-Vecchio, quand la mer est encore calme et quand le soleil commence à peine à chauffer l'air. On hisse les voiles, on coupe le moteur, et le silence s'installe, rompu seulement par le clapotis de l'eau contre la coque et par le sifflement du vent dans les cordages. La navigation se fait à un rythme qui n'a rien à voir avec la vitesse des bateaux à moteur, on avance à cinq, six, parfois sept nœuds, et cette lenteur est précisément ce qui fait le charme de l'expérience. Les escales se succèdent au fil de la journée. Une plage pour le bain du matin. Une crique pour le déjeuner à bord. 

Une autre plage pour l'après-midi. Et le retour, en fin de journée, quand la lumière devient dorée et quand le vent faiblit. Entre les escales, on observe. Le littoral de la Corse du Sud est un spectacle permanent, les falaises qui montent vers le ciel, les villages perchés qui se devinent au loin, les voiliers qui croisent dans l'autre sens, les oiseaux marins qui suivent le catamaran en espérant quelques miettes. Pour ceux qui choisissent une croisière de plusieurs jours, le catamaran devient une maison flottante. On dort au mouillage, dans une anse calme, avec pour seul bruit celui de l'eau qui bat doucement contre la coque. On se réveille avec le soleil, on plonge dans la mer avant même de prendre le petit déjeuner, et on repart vers de nouvelles découvertes. Cette vie à bord, rythmée par les éléments et par les paysages, crée une forme de liberté qui ne se trouve nulle part ailleurs.

La Corse du Sud depuis les flots, une île à redécouvrir

La Corse du Sud, vue depuis un catamaran, n'est pas la même île que celle qu'on découvre depuis la terre. Les routes, les villages, les foules, tout cela s'efface. Il ne reste que le littoral, les plages, les falaises et cette mer d'un bleu qui semble avoir été créé uniquement pour cet endroit. Une croisière en catamaran dans ces eaux est une invitation à ralentir, à observer, à laisser le temps s'écouler selon un rythme qui n'appartient qu'à la mer. Pour celui qui cherche à découvrir la Corse du Sud sous son meilleur jour, le catamaran est peut-être la réponse la plus belle. 

Il offre l'accès aux plages les plus isolées, aux criques les plus secrètes, aux points de vue les plus saisissants. Il permet de naviguer avec une liberté totale, de choisir ses escales, de rester là où le paysage est le plus beau. Et surtout, il offre cette sensation unique de glisser sur l'eau, porté par le vent, dans un silence qui n'a rien à voir avec le bruit des moteurs et des routes. Embarquez, larguez les amarres, et laissez la Corse du Sud vous montrer ce qu'elle cache de plus précieux.

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